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Raymond Perret, directeur d'une école de voile

Cela fait très longtemps que je fais de la voile. Mes parents, surtout mon père, faisaient plutôt de la montagne. Je ne sais pas si c'est par réaction que je me suis plutôt tourné vers le lac. À l'âge de douze ans, j'avais déjà un petit bateau. C'était un bateau construit à la Chaux-du-Milieu par un grand oncle. C'était un bateau à bouchain, c'est-à-dire, très carré avec une voile latine aussi carrée. Comme cet oncle ne savait plus quoi en faire, il l'a donné à mon frère et moi.

À l'époque il n'y avait pas tant d'activités de voile à Saint-Blaise. Il y avait de la baignade, par contre. Il y avait ce que l'on appelait une cabine des bains, une maison qui a disparu avec l'autoroute, qui était au bord de l'eau. On y trouvait le côté des dames, le côté de messieurs, une gardienne et des petites cabines pour aller se changer. Il y avait aussi une planche pour plonger. Il n'y avait pas grande chose pour la voile. C'était un sport de riches à l'époque. Par contre, il y avait la Société de Sauvetage, qui existe toujours, ou des jeunes faisaient de la rame. De nos jours, le désir de faire des activités lacustres se fait sentir. Il suffit de voir tout le matériel qu'il y a dans le port de Saint-Blaise. Il y a clairement une évolution importante vers le lac.

A 20 ans, je suis parti en Israël ou j'ai rencontré quelqu'un qui est devenu ami, qui travaillait au Club Méditerranée. Nous avons fait un peu de voile ensemble. Voyons que je me débrouillais bien à voile, il m'a suggéré de me présenter comme moniteur de voile. C'était de cette façon que j'ai commencé à enseigner la voile et je suis retourné d'année en année. Comme j'étais aussi prof de ski - j'avais le brevet suisse de ski - j'ai pu enseigner le ski l'hiver et la voile l'été.

Plus tard, quand j'ai eu un âge ou il fallait arrêter de courir dans tous les coins du monde, je suis venu me rétablir à Saint-Blaise, parce que j'étais un enfant du village. Mes parents, même mes grands-parents avaient une ferme à Saint-Blaise. J'ai repris un établissement public, le bar-restaurant le Puck... mais, comme je ne me trouvais pas fait pour être tenancier de bistrot, quand j'ai vu que l'école de voile de Neuchâtel était à remettre, je l'ai reprise. J'ai remis mon restaurant à des locataires et j'ai fait l'école de voile et de moteur à plein temps. Cela fait 25 ans que j'exploite cette école de voile.

Pendant le printemps, l'été et l'automne, à l'école on peut faire toutes les sortes de leçons que vous voulez, depuis le débutant jusqu'au régatier. On a des cours tous les jours, toute la journée. J'ai quatre à cinq bateaux à disposition. Je prends des moniteurs à la demande quand je ne peux plus satisfaire à la demande moi-même. Je donne aussi des cours de régate, des cours de gros temps.... tout ce qui concerne la voile. Pendant l'hiver, je donne des cours de permis mer - toute la théorie pour aller naviguer en mer.

Depuis quelques années il y avait une formation nationale de formateur en voile. Vu qu'il y avait un problème de langue entre les Suisse allemands et les Suisse romands, nous avons décidé– une équipe de romands, principalement ceux du lac Leman - de créer une association à nous. Elle s'appelle l'Association des moniteurs romands. Nous avons créé des brochures. Celle de la voile a été mise au point ici par l'Ecole de voile de Neuchâtel. Notre prochain but est de former des moniteurs qui seront reconnus de point de vue romand, alors nous sommes en train de préparer un brevet d'enseignement pour la voile. Jusqu'à maintenant, au niveau Suisse, il n'y a pas eu de brevet pour les gros bateaux. Il y a des brevets en dériveur ou en planches à voile, mais il n'y a rien pour les lestés.

Pendant l'hiver, j'organise des croisières en mer sur un grand voilier de quatorze à quinze mètres avec quatre cabines doubles. Cela fait huit ans. J'ai commencé cette activité depuis que j'ai arrêté d'être prof de ski. Le métier de prof de ski est devenu difficile parce que nous avons un peu moins de neige ici dans le Jura. En plus, je suis plus attiré par la mer. Selon le nombre d'élèves ou de clients que j'ai, j'organise une ou plusieurs périodes de deux semaines chaque fois avec des équipes de six. Les participants viennent presque tous de la région ici. Je fais très peu de publicité. Tout se fait de bouche à oreille. Les croisières se font aux Antilles. Là-bas les conditions de vent et de soleil sont intéressantes pendant notre hiver.

Raymond Perret, directeur de l'Ecole de Voile et de Moteur de Neuchâtel

créée le 8 déc 2000 - modifiée le Mar 18 déc 2001