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Pierre Brenier, collectionneur et fabriquant de jouets

J'ai commencé à collectionner des jouets dans les années septante. En tant que gamin, j'en avais eu très peu. On faisait nous-mêmes nos jouets en bois à l'époque. En septante-cinq environ, j'ai commencé à collectionner des trains et des voitures. Souvent je prenais des lots qui n'étaient pas trop chers - je n'avais pas beaucoup d'argent - et je les ai restaurés. J'ai toujours collectionné des jouets métalliques et en bois. Le plastique ne m'a jamais intéressé. À Saint-Blaise, il y avait une fabrique de jouets en bois qui s'appelait Fritz Borel, mais malheureusement je n'ai jamais pu retrouver une seule de leurs pièces. Pendant toute la guerre, en allant à l'école, on passait toujours par le haut du village pour aller regarder la vitrine des jouets. C'était surtout des animaux articulés en bois qui étaient très bien faits. Parmi les dernières pièces, il y avait des trolleybus de Berne. La fabrique a été mise en faillite en 1947. Elle était située sur le plat, en bas du restaurant des Tilleuls, à l'endroit où il y a la communauté de la Dîme aujourd'hui. Ils utilisaient un moulin, le long du Ruau.

Je fabrique des jouets en métal. J'ai bientôt fait l'ensemble des raids Citroën avec les autos chenilles. J'ai commencé par la Croisière Jaune, le groupe Chine et le groupe Pamir. Après j'ai fait la première traversée du Sahara. J'ai aussi fait quelques voitures d'accompagnement. Et maintenant, je fais la Croisière Noire qui était partie d'Alger pour descendre jusqu'au Cap en 1922. J'en ai dix en travail en ce moment.

J'ai beaucoup de documents qui me permettent de trouver les détails des véhicules. Mon ami de Provence m'a aussi donné des livres qu'il a fait sur le sujet. Par contre, j'ai eu très peu de plans. J'ai dû construire à partir des photos et des dessins. Par exemple, j'ai fait des autos blindées dont j'ai trouvé des dessins dans une illustration de 1918. Je suis assez bien équipé pour travailler le métal. J'ai fait beaucoup des outils moi-même avec du matériel de récupération.

J'ai une formation de mécanicien-électricien. Au départ, j'ai travaillé huit ans dans la construction d'appareils électroniques. C'était le début de l'électronique. On ne connaissait pas encore les transistors. C'étaient des appareils de mesure à lampes. Ils pesaient des kilos et chauffaient beaucoup. Après, j'ai travaillé 15 ans à Juracime comme entretien-électrique, et dix-neuf ans chez Fael. Ils faisaient de la tôlerie industrielle. À un moment donné, j'ai arrêté de travailler sur les machines pour faire l'entretien de la serrurerie. C'est comme ça qui je suis venu à faire des jouets parce qu'il y avait des grandes quantités de chutes de tôle. Le plaisir est d'arriver à faire, à partir de rien, juste de la tôle étamée, un jouet, quelque chose qui a de la gueule.

Il y a des gens qui viennent d'un peu partout pour voir ma collection. Je suis passé à la télévision. Avant j'allais beaucoup dans les bourses à jouets. Maintenant je n'y vais presque plus. Je n'achète pratiquement plus rien parce que je n'ai plus de place. Si c'est pour les garder dans des cartons, ça ne vaut pas la peine. Je n'ai même plus la place pour mettre les voitures que je fabrique. En plus, c'est devenu cher.

J'ai pensé qu'il serait bien de faire un petit musée, mais j'ai vite vu que c'était impossible. Il n'y a pas de locaux. On ne gagne rien avec les gens qui viennent visiter. Ça m'aurait dit de faire un musée et mettre tout ce matériel en valeur. Tout de même, faire une telle collection relève d'une qualité de vie.

Pierre Brenier - Collectionneur et fabriquant de jouets

Voir aussi "Vive la retraite!, Pierre Brenier

créée le 26 janvier 2001 - modifiée le Mar 18 déc 2001