Favoriser le développement social, culturel et économique de Saint-Blaise [NE]
à travers l'utilisation d'Internet, notamment en donnant la parole aux habitants

gens d'ici + associations + entreprises + évènements + lieux + région + documents
dernières nouvelles du village + agenda + en couverture + nouveautés du site

... gens d'ici ...

Laurent Hirschi, boulanger


Quand j'étais jeune, je suis venu faire des nettoyages ici dans cette boulangerie pour donner un coup de main et me faire un peu d'argent de poche. Je connaissais le boulanger, Christophe Engetschwiller, de vue. Cela faisait sept ans qu'il était là. Il avait mis une petite annonce sur la vitrine. Bon, les nettoyages, ce n'était pas ce que j'aimais le plus, mais... J'avais quinze ans, c'était ma dernière année d'école. De fil en aiguille, j'ai commencé à faire la pâte, à fabriquer des gâteaux et cela m'a plus. J'ai donc fais quatre ans d'apprentissage chez lui. Après, j'ai fait l'école de recrues et ensuite j'ai été pris comme sous-officier. J'ai arrêté le métier pendant cinq ans et j'ai travaillé en usine. C'est à ce moment-là que j'ai entendu dire que Gottschwiller voulait remettre son commerce parce qu'il avait repris le Canard Doré à la Neuveville. On en a discuté avec ma copine de l'époque - devenue ma femme après - cela s'est décidé en trois mois. J'étais du village, je connaissais presque tous les clients. Cela ne semblait pas une histoire trop risquée. Ça fait onze ans que je suis là.

A l'époque, il y avait trois boulangers. La boulangerie de Buhler avait fermé peu avant que j'ai repris ici. Une année plus tard, c'est Garnier qui a ouvert sa boulangerie au même emplacement. Et puis, il y avait la boulangerie Nemitz tenue par Jaquier. Il paraît qu'il en a eu jusqu'à cinq boulangeries dans le village. Avant Engetschwiller, c'était Fahrni qui était boulanger dans ce magasin pendant au moins trente ou quarante ans. Il habite toujours à Saint-Blaise.

Ce qui était difficile au départ, c'était les horaires. En bossant en usine, on se lève à six heures du matin, pas à dix heures du soir comme les boulangers. Deux semaines après m'être mis à mon compte ici, j'ai eu un accident. Je me suis endormi au volant. On avait un bus tout neuf, tout beau. C'était en plein hiver. Il faisait chaud dans le bus. J'étais fatigué. Je n'avais plus l'habitude de travailler de dix heures du soir jusqu'à dix - onze heures du matin. Je suis parti en tournée et juste avant la dernière usine, je me suis assoupi et je suis parti dans le talus. Plus de peur que de mal. Que des dommages à la carrosserie. Ce n'était pas grave.

En plus du magasin ici, je livre à plusieurs places entre Neuchâtel et Cornaux. Il y a des restaurants, il y a le magasin "Le Gourmet" à Neuchâtel, il y a plusieurs usines aussi. On livre aussi la spécialité du vrai pain au feu de bois à l'ancienne. Je suis le seul du canton à avoir un vrai feu à bois à l'ancienne pour faire le pain.

Laurent Hirschi, août 2000

créée le 11 août 2000 - modifiée le Mar 18 déc 2001