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Jean-Pierre Guenter, informaticien


Quand j'ai fait mon bac à Fribourg, on avait des cours de base d'informatique. C'était en 1964. Des spécialistes de Sperry Rand nous présentaient des machines fantastiques qui traitaient des cartes perforées et des bandes magnétiques. Nous savons qu'il y aurait deux ou trois questions là-dessus à l'oral du bac, alors tout le monde avait une peur terrible parce pratiquement personne ne comprenait de quoi il s'agissait. Quant à moi, je trouvais ça passionnant. Plus tard, quand j'ai arrêté mes études de gestion à la Haute Ecole de Saint-Gall, ne sachant pas quoi faire, j'ai choisi de partir dans l'informatique en partie parce qu'il me restait un très bon souvenir de ces cours d'informatique à Saint-Michel à Fribourg. À l'époque il n'existait pas d'études d'informatique. J'ai commencé à travailler en 68 dans une toute petite boîte d'informatique à Zurich. La seule possibilité de formation en informatique était de suivre des cours chez le constructeur.

Un beau jour, à la fin des années septante, je me suis dit "Si je reste impliqué dans la technique, il faudrait me mettre complètement à jour tous les deux ans." Il y avait déjà une telle rapidité de changement à ce moment-là, et il est devenu encore trois fois plus rapide depuis. À l'époque j'étais chez MIGROS à Berne en tant que responsable du système d'opération. Nous étions vraiment à la pointe avec une machine qui était la première en Europe. Tout autour de moi, dans les autres boîtes, les responsables système étaient tous des jeunes. Je ne sais pas pourquoi je me suis posé la question, mais j'ai constaté que je ne connaissais aucun spécialiste système qui avait cinquante ans. C'est pour cette raison que je me suis distancé de la technique. Je cherchais à travailler davantage sur des concepts, je suis devenu chef de projet, œuvrant beaucoup plus du côté utilisateur ou client.

J'ai travaillé chez un constructeur d'ordinateur en tant consultant auprès des clients. Dans mon dernier job, chez Jelmoli, j'étais responsable de l'informatique, mais je faisais également partie d'un triumvirat qui gérait toute l'entreprise de ventes par correspondance. Je ne suis plus du tout axé sur la technique. J'ai opté pour une voie informatique qui est tout sauf technique. Je préfère jouer cette figure d'intégration entre les deux mondes. C'est une position difficile à tenir, mais c'est passionnant. Je ne voudrais pas revenir à la technique.

Faire le pont de cette manière entre informaticiens et utilisateurs est un travail de communication. Il faut essayer de se mettre dans la peau de l'autre. En ce qui concernant l'informaticien, j'arrive assez bien à communiquer avec lui, sans que je doive parler complètement son langage technique. Tandis que de l'autre côté, ce sont toujours d'autres personnages. C'est ça le défi. Je me rappelle que chez Jelmoli, j'ai passé deux mois à travailler dans tous les départements pour voir ce que faisaient les personnes.

Quand je suis arrivé en tant que responsable de l'informatique au recensement fédéral en début 97, il n'existait que les bases du recensement 1990. Ils n'y avaient que des analyses de ce qui avait été fait, ce qui a bien marché, ce qui a moins bien marché. Je n'avais aucune idée de ce qu'impliquait un recensement. Je travaille surtout sur des concepts des différentes applications qui font partie du recensement. Je suis un peu l'intermédiaire entre les spécialistes statisticiens du recensement et les informaticiens. À l'intérieur du recensement, il y a toute une série de projets et de sous-projets qui demandent des applications informatiques alors il faut définir des concepts pour ces projets. Un exemple. Le recensement se fait en deux parties. Il y a un recensement des personnes et des ménages et un recensement des bâtiments et des logements. En principe, il n'y a aucun lien entre les deux. Par contre, pour les analyses il faut faire la jonction entre les deux. Cette jonction se fait à travers le nom du locataire dans un bâtiment et des noms des personnes qui forment un ménage. L'application informatique pour le faire est très complexe.

Pour le recensement, j'ai travaillé beaucoup plus du côté utilisateur, à lui aider à faire les concepts. De ce fait, je n'ai pas eu assez de temps pour le groupe de développeurs. C'était un problème pour moi. , Alors, il y a une année et demie, j'ai dit à l'Office fédéral de la statistique que je ne voulais plus être responsable de toute la partie informatique. Ma fonction actuelle n'est pas vraiment bien définie. Je suis un peu l'éminence grise entre les informaticiens et les statisticiens.

Jean-Pierre Guenter

créée le 30 déc 2000 - modifiée le Mar 18 déc 2001