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Maurice Grimm, concepteur horloger


Je suis ingénieur horloger. J'ai choisi ce métier parce que la technique m'intéressait beaucoup. Mon père, ma mère, un grand père paternel et un grand père maternel étaient tous horlogers. En plus, en 1944 le choix de ce métier était très propice. J'ai suivi une école technique de la Chaux-de-Fond qui formait des ingénieurs. Il y a différentes voies dans lesquelles on peut se lancer: celle de la production, celle de la conception et de la réalisation de prototypes et celle de la recherche fondamentale. J'étais plus à l'aise dans la conception. Par la suite, j'ai quand même fait 5 ans en tant que directeur d'exploitation dans une usine. Cela ne me plaisait pas beaucoup, mais je le faisais quand même pour avoir une meilleure idée de la fabrication.

Par la suite, je suis retourné à la conception des produits de haute gamme. J'ai travaillé cinq ans chez LeCoultre au Sentier. J'ai travaillé pour Audemars Piguet, pour Omega, pour Movado.

Quand il y a eu le tournant de la montre électronique, la Suisse a réussi ce virage grâce à des hommes comme André Beyner à qui l'on doit la création du centre de Marin. … Au début la Suisse achetait les circuits électroniques en Amérique ainsi que les affichages digitaux. On achetait les quartz aux Japonais. Ensuite, de plus en plus des composants se faisaient en Suisse. Maintenant, EM à Marin fabriquent presque tout l'électronique pour les montres suisses et en exporte considérablement. Ils fournissent aussi les quartz pour les téléphones portables.

J'avais peu de connaissances de l'électronique. Je m'y amusais un peu, mais je n'étais pas un spécialiste. Alors, j'ai eu la chance de me former en électronique, de suivre des cours à l'Université de Neuchâtel pendant une dizaine d'années. J'ai réalisé des montres qui ne sont pas nécessairement sorties dans le grand public mais qui ont été réalisées sur la base de travaux de docteurs en physique avec lesquels je collaborais. C'était à cette époque que j'ai conçu la Delirium, une montre électronique de moins de deux millimètres d'épaisseur qui s'est vendu à plus de onze mille exemplaires.

Par la suite, j'ai eu l'occasion de travailler à la maison, tout en étant employé, pendant plus de vingt ans comme concepteur de montres de haute gamme. Pour moi, cette période a été marquée par la réalisation de trois montres à tourbillon, chacune étant une première mondiale. Suivant la lancée de la Delirium, j'ai conçu une montre mécanique ultra mince (moins de trois millimètres d'épaisseur) utilisant un tourbillon visible et disposant d'un remontoir automatique. C'était en 1986. La conception de cette montre a été achetée par Audemars Piguet. En 1991, j'ai conçu une deuxième montre à tourbillon pour Audemars Piguet. C'était la première série mondiale de montres à tourbillon à avoir à la fois un remontoir mécanique, une indication de la réserve de marche et une indication de la date. La troisième montre à tourbillion, je l'ai conçue en 1994. Elle disposait d'un tourbillon central, ce qui représentait un défi technique considérable à cause du positionnement des aiguilles. Omega, qui vendait la montre, en avait fait une version de luxe avec 148 diamants et 176 rubis. Cela se vendait à 800'000 francs.

Maurice Grimm, août 2000

créée le 24 août 2000 - modifiée le Mar 18 déc 2001