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Francois Fluckiger

François Flückiger - chef d'entreprise


Ma vie active a été entièrement consacrée à l'exploitation d'une entreprise d'électricité qui s'occupait d'installations intérieures et extérieures. Nous sommes responsables de l'entretien et de l'extension du réseau électrique, toutes les lignes aériennes et souterraines alimentant des maisons et des entreprises. Dans un deuxième temps, compte tenu de l'intérêt que j'avais pour la vente, j'ai créé un magasin de vente d'appareils électroménagers, ce qui m'a permis de diversifier les activités.

Mon père avait une petite entreprise artisanale de trois personnes qui s'occupait d'installations intérieures. A l'époque, il était déjà responsable du réseau de la Commune de Saint-Blaise. Quant à moi, j'ai fait des études à l'école de mécanique et d'électricité à Neuchâtel. J'aurais voulu continuer, mais à l'âge de 20 ans, quand je terminais mon école de recrue, j'ai eu un grave accident au service militaire qui m'a obligé à bifurquer plus rapidement que je ne voulais. Au lieu de poursuivre les études et obtenir un brevet de technicien, j'ai dû me rebattre sur des activités directement commerciales.

Dans un premier temps, avec mon père, nous avons créé une société en nom collectif et puis une société anonyme. Comme j'avais du goût du commerce, l'entreprise de mon père s'est rapidement développée, passant de trois personnes à 25 à 30 personnes dans les années florissantes. Ma femme, s'étant intéressée à la vente en magasin, s'est jointe à nous et elle a été ma principale collaboratrice pendant une vingtaine d'année. Il y a une quinzaine d'années j'ai renoncé à l'occupation de chef d'entreprise, mais je suis resté à la disposition de l'entreprise pour un travail plus spécifique.

L'évolution de la technologie a été énorme pendant cette période. Les matériaux utilisés pour l'installation au début de mon apprentissage avaient complètement changé dix ans après. Les méthodes de travail aussi. Il y avait toujours davantage d'éléments nouveaux qui se présentaient : la modernisation du téléphone, l'apparition du téléréseau, plus tard les installations informatiques ...

Gérer ce changement en tant que patron d'entreprise est un gros problème. C'est un problème dans toutes les entreprises liées au bâtiment. Un chef d'entreprise devrait être aussi bien commercial que technique. Compte tenu du champs d'activités aussi variées, ce n'est guère possible. Il faut essayer de trouver deux têtes : l'une qui est commerciale et l'autre technique. J'ai procédé de cette façon-là. J'avais la responsabilité commerciale et financière de l'entreprise alors que tout l'aspect technique avait été délégué à une seconde personne. J'ai quand même dû suivre cette évolution technique par le biais des contacts avec les fournisseurs de matériaux et les fournisseurs d'appareils qui organisaient des séances d'informations pour promouvoir leurs nouveaux produits. On aurait pu se spécialiser, mais nous avons choisi de rester sur une base très large qui permet à tous les gens du village de trouver ce dont ils avaient envie.

Pendant de nombreuses années, la profession a été, en quelque sorte, perturbée par le fait qu'il y avait la contrainte des concessions. Dans chaque village où l'on désirait travailler, il fallait demander l'autorisation et obtenir une concession. Ces concessions, on les a assez aisément reçues dans des villages tels qu'Hauterive, Marin, Cornaux, Cressier. Par contre, des villes comme Neuchâtel ont longtemps été beaucoup plus réfractaires. Après, vers la fin de mes activités professionnelles, il y a eu un élargissement considérable qui fait que la profession peut maintenant être exercée quasiment partout. Les concessions existent toujours, mais elles se sont élargies et s'obtiennent plus aisément.

Je regrette de ne pas avoir pu suivre la voie technique parce que cela m'aurait permis de mieux maîtriser certains aspects de la profession qui sont liés à la prise de contact avec les bureaux techniques. Lors qu'il y avait des travaux complexes, qu'il fallait discuter au niveau des calculs, au niveau des devis, il y avait des informations que j'étais capable de comprendre mais pas de négocier personnellement. Je devais faire appel à des gens spécialisés pour me permettre de mieux concevoir certains types de projet.

François Flückiger (d'après un entretien avec Alan McCluskey)

Voir aussi "Être adulte: assumer ses responsabilités" de François Flückiger

créée le 12 mars 2001 - modifiée le Mar 18 déc 2001