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Jacques Duvoisin, pendulier


À l'origine, j'ai suivi une formation d'horloger-rhabilleur au Technicum de la Chaux-de-Fonds. Lors de ma dernière année d'études, j'ai bifurqué sur la restauration d'horlogerie ancienne en faisant un stage de six mois au Musée de l'horlogerie à la Chaux-de-Fonds. Cela m'a beaucoup plus. De toute façon, je ne me suis jamais posé la question quant au métier j'allais pratiquer. Je représente la cinquième génération d'horlogers. Mon grand-père et mon arrière grand-père avaient un atelier où ils tournaient des pivots pour l'industrie. Mon père avait un magasin. Il réparait des montres et des pendules.

Je n'ai pas connu mon grand-père qui est décédé quand j'avais deux ans. Par contre, j'ai travaillé avec mon père. Même avant de faire le Tech, je travaillais dans son atelier. Ça venait tout naturellement. Petit, j'allais lui dire bonjour dans son magasin et jouais là. Par la suite, j'ai démonté de vieux réveils pour essayer. Et petit à petit je me suis mis à des pièces plus intéressantes. A partir de l'âge de treize ans, mon intérêt était plus marqué. C'est à cette époque que j'ai commencé à travailler sur de grandes pièces, des Neuchâteloises "grandes sonneries". Ce sont des très beaux mouvements qui sont assez compliqués. Il y a une programmation mécanique qui permet de sélectionner 3 fonctions différentes (silence, petite sonnerie et grande sonnerie) ; la grande sonnerie sonne non seulement à chaque quart d'heure, mais répète aussi l'heure à chaque quart d'heure et a en général un programme différent pour la nuit. Je les démontais complètement et réparais ce qui était usé (ce sont des pièces qui ont en général plus de cent ans, voir deux cents ans).

Dans le travail de restauration, il faut retoucher les pivots usés. Le pivot est la partie cylindrique qui est plus petite, et qui tourne dans une plaque en laiton que l'on appèle platine. Il faut redonner aux pivots leur forme cylindrique et les polir. Quant aux trous, dans les platines, qui deviennent ovales par usure, il faut percer plus grand et remettre une pièce en laiton, cette opération s'appelle le "bouchonnage". Pour façonner des pièces, j'essaie de trouver du vieux laiton, parce que les laitons modernes ont une couleur un peu différente. Je taille mes roues sur un tour avec un appareil à fraiser. Beaucoup d'opérations, toutefois, se font encore à la main.

Je n'ai pas voulu tout de suite me mettre à mon compte. Après le Tech., pendant dix ans j'ai travaillé chez Omega pour apprendre à connaître les gens et pour travailler dans un milieu industriel. À côté de ça, j'ai toujours continué à travailler sur des pendules, comme passion. J'ai beaucoup lu sur l'histoire et la technique des pendules ... sur les styles aussi. Les styles des meubles qui vont avec la pendule, cela m'intéresse beaucoup . Après ces dix ans, je me suis mis à mon compte à Bevaix pendant quinze ans. Et cela fait six ans que je suis à Saint-Blaise. Au début de mon activité, je restaurais à la fois des montres et des pendules, mais j'ai arrêté la montre parce que cela m'intéressait moins ; l'outillage spécifique pour la montre a donc disparu de mon atelier. J'avais heureusement suffisamment de travail avec la pendule.

J'aime beaucoup ces anciens objets d'art. Je respecte le travail de l'époque, c'est fabuleux ce qu'ils ont réussi à fabriquer et imaginer ! Mais je ne suis pas trop attaché aux pièces. Je peux les vendre sans problème. Je suis attaché aux personnes mais pas aux choses. Je ne suis pas collectionneur. J'ai des pendules, bien sûr, mais toutes les pièces de mon atelier son à vendre.

Ce n'est pas seulement la restauration qui est important pour moi, j'aime aussi trouver des horloges intéressantes que je remets en parfait état et que je revends. Les pièces s'intègrent dans des logements et j'apprécie de voir le cadre et le style d'ameublement dans lequel ces objets reprennent vie ; c'est parfois dans de somptueuses demeures, voir même des châteaux. Mais c'est aussi souvent dans le "4 pièces" d'un amoureux de beaux objets. J'ai aussi beaucoup aimé l'orientation "internet" de mon entreprise, Pendulantic, pour laquelle je gère un site. Cela me change les idées ; on se concentre tellement sur certaines pièces délicates qu'il faut absolument, à un moment donné, entreprendre autre chose.

Jacques Duvoisin.

créée le 12 nov 2000 - modifiée le Mar 18 déc 2001