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Des épouvantails pour les Mascarades

Les Mascarades existaient à Saint-Blaise déjà du temps de mes parents. Dans les années cinquante, quand j'étais gamin, on se grimait pendant une semaine, on mettait des masques et l'on se promenait dans le village. C'était une ambiance très agréable. C'était surtout le fait d'aller dans ces vieux galetas de maisons chercher des vieux habits pour se déguiser, pour pas que l'on nous reconnaisse. Il y avait un va-et-vient assez grand dans le village. On allait chez notre institutrice qui nous donnait des tablettes(*). On chantait des chansons, n'importe quoi. On allait dans les pressoirs qui étaient ouverts beaucoup plus longtemps le soir. Il y avait la fanfare qui circulait dans les rues du village. Bien sûr, en groupe on faisait des farces. On changeait les contrevents de place. Ça a duré de nombreuses années.

Après, la coutume est tombée un peu. Pourquoi ? Parce que les pressoirs devenaient plus rapides. On n'avait plus cette ambiance si longtemps. Avant on travaillait très tard, alors que maintenant, les caves sont moins ouvertes la nuit. Le travail est beaucoup plus échelonné dans la journée, les pressoirs sont plus performants. On ne presse plus comme on pressait avant.

Cela fait quelques années que les Mascarades ont repris. Cette année on a eu l'idée de ranimer un peu le village avec les épouvantails. C'est moi qui ai lancé l'idée. J'ai des souvenirs de gamin, quand nos parents avaient de la vigne là-derrière, on nous disait d'aller faire des épouvantails. Il n'y avait pas de filets dans les vignes à l'époque ni de canons. On prenait des échalas et on retournait au galetas chercher des habits, des chapeaux, du commerce... En allant chez ma soeur, j'ai vu des épouvantails à Denens en-dessus de Morges, qui est un peu la capitale des épouvantails. Ça m'a donné l'idée. Ça fait deux ans que je la prépare. J'en avais discuté avec Madame Doyat, une des institutrices. Elle trouvait l'idée géniale.

C'est avec la Commission du 3 février, que nous avons voulu relancer les enfants à faire des épouvantails. Les enfants se sont donnés beaucoup de peine et surtout, ils ont eu beaucoup de plaisir, je crois. Dans nos discussions à la Commission du 3 février, nous n'avons pas voulu faire un concours. Les concours sont trop difficiles à faire. Il y avait à la fois les primaires et les secondaires. Cela aurait été très difficile de classer les épouvantails. La Commission a été d'accord de débloquer un crédit pour les enfants. On a tapé un petit règlement pour définir ce qu'on allait faire. On a limité le nombre d'épouvantails à soixante. La Commission du 3 février proposait de racheter les épouvantails en donnant cinquante francs par épouvantail. Cet argent servira pour les caisses de classes pour les courses d'école. Il y a eu trente-huit épouvantails pour cette première année. C'est bien.

Nous avons eu très peu de contact direct avec les enfants. Ce sont les institutrices qui ont eu le contact. C'était magnifique de voir, en passant, quand les enfants travaillaient sur leurs épouvantails dans la cour du collège. Ils ont eu des idées fantastiques. Les parents ont dû se faire prendre des choses à la maison: des bretelles neuves, des souliers, des habits neufs,... Les gens n'ont plus de vieux habits dans les galetas comme avant.

Quand on a été chercher les épouvantails, c'était extraordinaire. On chargeait les épouvantails sur la camionnette, alors que les enfants voulaient savoir où l'on allait mettre les leurs. Il y avait une fille qui tenait son épouvantail tellement serré contre elle. Elle était amoureuse de lui. Elle ne voulait pas le mettre sur le camion.

J'ai choisi de mettre les épouvantails aux points stratégiques du village, d'abord aux établissements publics et aux caves, et puis, dans les vignes et sur les ronds-points aux entrées du village. Il fallait pouvoir bien les voir. Il y a eu énormément de gens, avec des enfants, qui ont tourné dans le village pour les regarder. Le lundi du Jeûne fédéral, il y avait beaucoup de personnes avec des appareils de photos ou des caméras pour les photographier et les filmer.

Le cinq octobre, pendant les vendanges, on va descendre tous les épouvantails pour les réunir au Pré Brenier où il y aura deux tentes pour les Mascarades. Des photos des épouvantails vont aussi y être affichées, avec les deux camionnettes dans lesquels on les a transporté. Il y aura à manger, à boire et de la musique ...

Jacques Perret avec Eric Zwahlen et Jean Paul Savoni.

(*) tablettes - petits bonbons.

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créée le 27 septembre 2000 - modifiée le 27 septembre 2000