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La fête de Saint-Blaise 2001 sur le Net


Saint Blaise à l'église de VierzehnHeiligen
[Photo: Armand Tchouhadjian]

Saint Blaise
Le Saint du village



Ce n’est pas manquer de respect à saint Blaise que de le considérer comme un "saint-copain". En effet il accompagne les populations dans leurs préoccupations quotidiennes.

Il faut remonter à la fin du IIIe siècle pour situer la naissance de Blaise en Arménie Mineure, près de la Cappadoce, alors territoire romain, à Sébaste aujourd’hui Sivas, sur les rives de l’Halys, dans une de ces vallées, des monts du Taurus, qui faciliteront les nombreuses invasions dont furent victimes les Arméniens. Il y eut les persécutions de Dioclétien, puis vint Constantin avec son Edit de tolérance de Milan en 313. Entre-temps, tous les documents qui auraient pu nous renseigner disparurent. Mais ce que l’histoire ignore, la légende le sait.

Blaise naît dans une famille aisée, apprend sans doute la médecine grecque. Ses études lui permettent de guérir les humains et les animaux sauvages, nombreux à cette époque. Sa réputation de douceur et de modestie est si grande qu’il est bientôt élu évêque par ses concitoyens. Voulant se protéger, il se retire dans une caverne du mont Argée. Et tout ce beau monde qui l’entoure, animaux compris, de le suivre, sans le déranger dans ses prières. Cela commençait à se savoir. En ce temps-là, le Romain Agricola, gouvernait la région. Il ne voyait pas cette popularité d'un très bon œil. Un jour, ses soldats partis à la chasse lui rapportèrent que les animaux se réfugiant devant l'entrée de la caverne de Blaise. Il leur avait été impossible de les en chasser ou de les attraper. Déjà fort mécontent, Agricola, saisissant ce prétexte, envoie ses soldats chercher le trublion.

En cours de route, notre homme en profite pour réaliser ses deux miracles les plus connus. Mis en présence d’un enfant qui s’étouffait avec une arête dans sa gorge, il le libère après avoir récité une prière. Puis celui d’une pauvre femme à qui un loup avait enlevé son porcelet. Il rappelle celui-ci et lui fait rendre son bien à la pauvre femme.

Tout cela ne pouvait qu'agacer un homme comme Agricola, qui le fit directement jeter en prison. Il essaya de le recevoir avec des paroles flatteuses, mais Blaise n’en avait cure. Et de se retrouver en prison avec force coups de bâtons ! Plus tard, le gouverneur, qui n'avait pas réussi à faire revenir Blaise sur sa foi, donna des ordres pour sa sortie de prison et sa pendaison à un arbre. Il le fit déchirer avec des peignes à carder et le fit remettre en prison. Les tortures recommencèrent, mais rien n'y fit. Blaise n’abjurait toujours pas. Il fallait en finir. Pour cela il ne restait plus que le jugement de Dieu. L'ordalie. Il fallait immerger le corps de Blaise avec un gros poids. Blaise remonte indemne à la surface de l'eau. Ce que le gouverneur attribua à de la magie et le fâcha encore plus ! Après de nouvelles menaces, la mort des sept femmes qui étaient venues le soigner, de nouvelles tortures et devant son refus d'abjurer sa foi, il le fit proprement décapiter. Cela se passait en février 316.

Donc, voilà un saint qui n’a pas bougé de chez lui mais qui est universellement connu puisqu’on le retrouve jusqu’aux Amériques, sous une quarantaine de noms différents ! Par exemple en Suisse, Blaise, Blasius, Blasien, Biagio, Blez, suivant les zones linguistiques. Les vecteurs de son culte furent les réfugiés d’Asie Mineure fuyant tour à tour les Arabes, les Turcs, les Mongols ou l’Iconoclasme.

À partir de l’Italie dès le VIe siècle, les Bénédictins furent ses fervents promoteurs. C’est ainsi que, pénétrant l’Europe par le Sud en direction du Nord, le culte traversa la Suisse d’aujourd’hui. Dès 778 le monastère de Rheinau sera la véritable plaque tournante de l’introduction du culte dans le Saint Empire romain germanique en favorisant son expansion à travers toute la partie Nord et Ouest de l’Europe. L’apport des reliques lors du retour des croisades, sa canonisation en 1244, les grandes épidémies de peste favorisèrent sa popularité. On lui donne alors, dans certaines régions, le nom de saint " anti-pesteux ".

Il fait partie des Quatorze Saints Intercesseurs et vous pouvez l’invoquer pour beaucoup de choses, allant des maux de gorges à la recherche d’un bon mari, en passant par les bonnes récoltes ou la protection du bétail ! Un certain nombre de professions le choisissent comme patron, en particulier celles qui sont liées à l’utilisation du peigne à carder, lors de son martyre, ou au vent, soit pour le miracle de la gorge, soit par rapprochement avec le mot "blasen". Enfin, on peut parler de milliers d’établissements qui lui étaient dédiés au Moyen Âge et le regain des pèlerinages en Europe en général.

Armand Tchouhadjian

L'auteur a écrit une brochure intitulée "Saint Blaise, Evêque de Sébaste, Un saint d'Arménie en Occident" (prix 9.15 euros) et prépare actuellement un livre au sujet du saint. Pour plus de détails contacter Armand Tchouhadjian.



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créée le 26 janvier 2001 - modifiée le 28 janvier 2001