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La Delirium


En 1978, il y a eu une sorte de déclic dans la fabrication de montres électroniques parce les Japonais avaient sorti une montre électronique inférieure à trois millimètres d'épaisseur. Mon directeur technique a insisté pour que l'on fasse une montre en dessous de deux millimètres d'épaisseur. J'ai voulu relever le défi. Je me souviens, un soir, j'étais à mon bureau et je me suis amusé à dessiner sur un bloc à carrés de 4 millimètres en grandeur réelle l'épaisseur de ma montre. J'ai en peur. "Dans ces deux millimètres", je me suis dit, "je dois mettre un quartz, un circuit électronique avec plus de huit cents transistors, un moteur, des rouages, une pile." Cela dit, c'était ma chance de trouver assez rapidement une solution, et en six mois on avait une montre qui a détrôné la montre japonaise. Ils ont dû retirer leur montre du marché.

Tous les composants étaient suisses. Ce n'était pas toujours facile. Par exemple, les quartz étaient trop gros. Comme l'enveloppe du quartz était assez épaisse, on l'a limée pour arriver à faire le prototype. Je l'avais baptisé le Delirium Tremens … parce qu'elle était très mince. Le mot "Tremens" n'a pas était retenu parce qu'en allemand le jeu de mots ne jouait pas. Mais le nom Delirium est resté. Comme nous n'étions pas équipés pour faire la grande série, c'était la maison ETA à Granges qui a fabriqué les Delirium. Ils en ont fabriqué passé onze milles. Ce n'était pas mal, si l'on considère que ces montres se vendaient à quatre milles cinq cent dollars. La vente avait été confiée à quatre sociétés. Chacun vendait sous son nom, chacun disant que c'était eux qui l'avaient fabriquée. J'en ai retiré quelque chose: on m'a payé quinze jours de vacances en Amérique.

La philosophie de construction de la Delirium était tout à fait différente de ce que l'on utilisait d'habitude. Traditionnellement le mouvement de la montre était séparé de la boîte, alors qu'avec la Delirium on fait participer la boîte au mouvement. La montre faisait ainsi un tout. On a pu breveter l'idée parce que c'était la première fois qu'on arrivait à utiliser le fond de la boîte comme platine de base de la montre. Le Swatch reprend le même principe: la boîte participe à la conception de la montre pour avoir quelque chose de mince.

Maurice Grimm, concepteur horloger

créée le 24 août 2000 - modifiée le Mar 18 déc 2001