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Un régulateur de bureau de Ferdinand Berthoud


Il s'agit d'un régulateur de bureau qui mesure environ trente centimètres de haut. C'est une pièce extrêmement rare proposée depuis l'Angleterre. En même temps, un ami collectionneur aux Etats-Unis me présente une pièce qui s'avérait être la même. En réalité la pièce se trouvait bien aux Etats-Unis et celle d'Angleterre était la même mais avec un intermédiaire ! Je l'ai proposée à un ami collectionneur qui a été la chercher en Californie. Elle n'était pas en très bon état, mal réparée et usée. J'ai passé plus de trois semaines à plein temps pour mener à bien cette restauration ; cela en valait la peine car c'est une très rare pendule qui vaut plus de CHF 200'000.-

Cette pendule date de 1770 environs et est signée de Ferdinand Berthoud. Berthoud est né en 1727 au Plancemont, un petit hameau en dessus de Couvet. A 14 ans, il a commencé son apprentissage à Couvet, chez son frère Jean-Henry. À cette époque, les notaires distribuaient les diplômes de fin d'apprentissage. Le 16 avril 1745, soit 3 jours après avoir reçu son diplôme d'un notaire nommé Borel, Ferdinand Berthoud retourne chez ce même notaire afin d'emprunter de l'argent pour aller à Paris! Sept ans seulement après son arrivée à Paris il proposa sa première pendule à équation à L'Académie Royale des Sciences. Par la suite il devint horloger mécanicien du roi et de la marine! Quel beau parcours, quand on pense à toutes les difficultés de l'époque, notamment les moyens techniques et de communication... son trajet est véritablement étonnant et formidable. Berthoud faisait des horloges très précises dont certaines pouvaient être transportées pour la détermination des longitudes en mer.

La présente horloge a ce que l'on appelle : une équation du temps. C'est-à-dire, qu'elle indique la différence entre le temps solaire moyen - notre temps - et le temps solaire vrai, celui des cadrans solaires. Techniquement, c'est une particularité très difficile à réaliser. Il faut calculer une came qui tourne de 360° en une année. Cette came agît sur un râteau qui lui-même engrène avec un système de pignons satellites. Un système très sophistiqué annule le jeu d'engrenage, mécaniquement inévitable. En plus de l'équation du temps, cette pièce est dotée d'une suspension à couteau. Dans les pendules primitives, le balancier est généralement suspendu par un fil de soie. Cette suspension a certains défauts améliorés, par la suite, par un système à ressort. Pour augmenter la précision et pour diminuer les influences extérieures (par exemple les changements de températures et de pression) on a imaginé un balancier "à grille" qui est relativement lourd et qui est compensé thermiquement. Associé à ce balancier particulier, une suspension "à couteau" en acier trempé a été utilisée. Ce couteau est parfaitement plat et poli ; il vient osciller dans une gorge en acier. Ce système est assez délicat à réaliser et peu de pendules ont un tel mécanisme. De plus, cette pendule à une durée de marche de plus d'un mois, alors que la plupart des pendules fonctionnent pendant une semaine.

Jacques Duvoisin, pendulier

créée le 15 nov 2000 - modifiée le Mar 18 déc 2001