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L'interview suivante a été réalisée lors du cours d'écriture organisé au sein de Saint-Blaise.Net entre mai et juin 2001. Le cours s'intitulait "Faire et mettre en forme une interview". Lire les autres interviews.

Le plaisir de l'interview

Tu fais souvent des interviews, dans différents contextes, plus ou moins personnels. On dirait qu tu aimes faire des interviews. Pourquoi ? Qu’est-ce qui te plait ?

C’est difficile à répondre. C’est en partie parce que je trouve qu’on a beaucoup à apprendre de l’autre et j’aime beaucoup écouter ce que les gens ont à dire , explorer les mots qu’ils utilisent en leur posant des questions . J’ai l’impression que je suis capable de retravailler ce que les gens disent de manière à ce que ça parle aux autres. Je suis une sorte de médium pour la parole des autres. J’aime beaucoup faire sortir parler les autres de leur expérience dans la vie. C’est comme si je le la vivais aussi en les écoutant. Et ça, ça m’apporte beaucoup de plaisir.

Tu parles du plaisir, et je m’y attendais d’ailleurs, mais je me demande aussi qu’est-ce qui est pénible pour toi pénible, dans une interview ?

Ca, on n’y pense pas trop, on a tendance à mettre ça de côté. Pénible.. Une chose qui est pénible c’est quand la personne n’a pas envie de se raconter. Je trouve très pénible si la personne fait mur, comme des briques devant moi et qui, si je pose une question, répond réponde avec deux ou trois mots… je sens que la personne est sur la défensive ,défensive, qu’elle ne veut pas entrer dans une sorte de relation. Ca c’est probablement le plus pénible.

Quand tu pars faire une interview, en général dans quel état d’esprit tu te sens sens-tu? Tu te sens euphorique, tu te sens tremblotant, …

Ca dépend complètement de la personne, parce que chaque. Chaque relation est différente. En général je choisis les personnes que je vais voir et je me réjouis d’aller les interviewer. C’est Ce n’est pas un travail. Le mot plaisir, c’est le mot juste pour moi. En fait, je vais à la découverte de l’autre. J’ai rarement de l’appréhension , ou de la peur, même avec des gens que je ne connais pas du tout. Effectivement, un peu d’excitation. Je vais connaître quelqu’un, je vais m’approcher entre guillemets de quelqu’un.

Est-ce que, avant de faire une interview, tu fais une espèce de petit rituel ou de mise en condition, quelque chose que tu fais un peu systématiquement, je ne sais pas, peut- être un exercice de relaxation ou bien boire un verre d’eau…

Non, pas du tout. Non non. Disons…, je fais toujours plus ou moins la même chose quand j’arrive chez une personne. Je pose un certain nombre de questions par rapport à l’entretien, je sors mon matériel. Je fais cela chaque fois, mais je ne le vois pas tellement comme un rituel. C’est vrai, je tape toujours sur le micro, pour voir si ça marche, mais c’est parce que je suis inquiet de la fiabilité de la technique, en fait, de la fiabilité de la technique. Je veux être sûr que ça enregistre. Ce serait vraiment dommage d’arriver au bout d’un entretien qui avait été super pour constater qu’il qu’il n’y a rien sur l’enregistrement… C’est pour ça que je suis inquiet et de temps en temps je suis distrait dans mon rapport à l’autre. Mais un rituel autre que ça, je ne crois pas.

Interview d'Alan McCluskey par Huguette McCluskey
Realisée dans le cadre du cours sur l'écriture



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créée le 14 mai 2001 - modifiée le 14 mai 2001